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3 juillet 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

H16
3/7/2026

Billet animal, milice tarifaire : la SNCF ou l’art de plumer le client poli

Le rail, en France, c’est plus qu’un poème, c’est une véritable chanson de geste. Et le geste, c’est de plus en plus souvent un bras d’honneur.

Pendant que le Sénat pond de doctes rapports léni(ni)fiants sur la nécessité « d’harmoniser » les tarifs ferroviaires, déplorant avec gravité le « maquis tarifaire » où s’égare le pauvre voyageur, la vraie vie, elle, continue tranquillement son cours sur les quais. Et sur ces quais, c’est une authentique milice tarifaire qui pratique, jour après jour, son petit racket ordinaire.


Eh oui, les choses ont bien changé : le contrôleur n’est plus là pour vérifier que vous avez payé votre dû, mais pour traquer la faille administrative qui fera de vous, voyageur honnête mais surtout parfaitement solvable, un délinquant en puissance.

C’est en tout cas ce qui est récemment arrivé à une voyageuse accompagnée de sa famille et de son chien pour qui le voyage s’est rapidement mué en aventure kafkaïenne qui vaut son pesant de billets compostés. Dans son trajet avec son chien, elle s’apprête à enchaîner métro et train dans une grande gare parisienne. Elle a bien sûr tous les billets nécessaires et a même acquitté le fameux « billet animal » pour son compagnon à quatre pattes, ce sésame à 7 € sans lequel un caniche devient un passager clandestin.

Tout est donc en règle. À ceci près qu’entre la sortie du métro et l’entrée de la gare, sur quelques mètres de couloir souterrain, s’étend une « zone contrôlée SNCF », sous-royaume tarifaire dont les frontières invisibles réclament (paraît-il) un titre spécifique pour l’animal. Quelques pas de trop dans la mauvaise sous-zone, et hop : 35 € d’amende infligée séance tenante par deux agents zélés. La règle est inconnue de tous les passagers, elle n’est affichée nulle part et pour les agents en embuscade, cette ignorance se transforme en rente.


Cette fois-ci, la passagère aura fait un peu de foin sur ses réseaux sociaux et, sommée de s’expliquer, la SNCF a fini par reconnaître une « mauvaise interprétation de la règle », puis décidé d’annuler la prune. En somme, la maison admet elle-même que ses propres agents ne comprennent pas ses propres règles.

Pour une entreprise qui prétend faire rouler des trains à grande vitesse, voilà qui rassure, n’est-ce pas !

Cette histoire paraît lunaire, et le comportement des contrôleurs assez peu amène, mais ce genre d’affaire ne cesse de se multiplier. La presse en relate d’ailleurs suffisamment pour qu’on cesse d’y voir des cas isolés et qu’on y reconnaisse une tendance lourde, une certaine manière qu’ont les services publics du rail de concevoir leur « relation clientèle ».

Ainsi se souviendra-t-on de ce passager verbalisé à hauteur de 270 €, au printemps 2024, pour le crime impardonnable d’avoir échangé sa place, d’un commun accord, avec un autre voyageur, histoire de rendre service.

On se souviendra aussi de cet usager délesté de 170 € parce que sa carte d’identité s’affichait sur son smartphone au format PDF et non sur le bristol cartonné officiel, l’administration adorant le numérique partout sauf le jour où un peu de papier lui permet de distribuer des amendes.

On se souviendra, enfin, de cette pluie de prunes à cinquante euros déversée début 2024 sur les familles et les touristes, coupables d’avoir une valise de trop au regard des nouvelles règles drastiques sur les bagages (Capital).

Mais comment peut-on arrive à de pareilles dérives ?


Pour réussir une pareille recette, il faut commencer par une pâte moelleuse d’incompétence et une crème épaisse de système tarifaire incompréhensible : celui de la SNCF et de la RATP est devenu si byzantin qu’il faut désormais faire appel à un avocat spécialisé pour traverser une gare avec son chien ou sa valise en parfaite conformité. Cependant, là où n’importe quelle entreprise normale chercherait à simplifier la vie de son client, la machine ferroviaire s’ingénie à la compliquer, à multiplier les sous-zones, les sous-tarifs et les sous-conditions, autant de chausse-trappes où le voyageur de bonne foi finit immanquablement par tomber. Comme si c’était fait pour…

La seconde catégorie d’ingrédients de notre recette pour l’enfer, c’est le gaspillage et l’expérience soviétique : on arrose ce dinosaure de dizaines de milliards d’euros de subventions chaque année, on réunit de doctes commissions sénatoriales, on pond des rapports mais au bout du compte, le service rendu reste digne de l’URSS finissante. Cher, souvent en grève, en panne ou en retard, sa seule efficacité véritablement redoutable réside dans sa capacité à punir financièrement un citoyen et un contribuable captifs.

Enfin, et c’est l’ingrédient qui fait véritablement lever le résultat final, ne surtout pas oublier la prime.

Car la presse le confirme : les contrôleurs touchent bel et bien 10% sur les amendes réglées immédiatement à bord. De contrôleurs, les voilà donc transformés en chasseurs de primes. Et comme chasseurs, ils sont terriblement sélectifs : le petit shérif bombe le torse devant la mamie étourdie, le père de famille trop poli ou l’étudiante manifestement solvable, mais retrouve une soudaine passion pour la contemplation de ses chaussures lorsque monte, musique à fond, le groupe qui n’a visiblement aucune intention de présenter quoi que ce soit.

L’État punitif et zélé ne s’abat jamais que sur ceux qui se laissent faire.

Cette petite tyrannie ordinaire illustre ce que n’importe quel économiste un peu sérieux connaît par cœur : quand on récompense financièrement des agents pour verbaliser, ils verbalisent. On récolte ici précisément ce que l’on incite.

Si l’on souhaitait, par extraordinaire, que ces mêmes agents renseignent, accompagnent et dépannent les voyageurs perdus dans le maquis tarifaire, il faudrait sans doute calibrer les primes pour cela. Mais cela signifierait que la SNCF transporte des clients et pas des usagés usagers. Parbleu, de fil en aiguille, elle deviendrait même un véritable service public !

Vous n’y pensez pas !


[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Espace Malraux

Vernissage de l'exposition de Jacques Herrmann
"STRATIGRAPHIE"

"Entre savoir expert et profane, Jacques Herrmann, ancien élève de la classe préparatoire de l'EAP Colmar, développe une pratique qui allie peinture et installation.
Il entend susciter une expérience sensible de la peinture ou s’articule des phénomènes d’apparition et de disparition, d’accumulation, de répétition et de mémoire. De l’inévitable mise en perspective de la peinture avec son passé, il puise les anecdotes nécessaires à revisiter ses formes comme autant de traditions qu’on célèbre, qu’on renouvelle.
Attentif aux usages et aux formes de la peinture, il multiplie les séries pour formuler différentes typologies qu’il poursuit en alternance les unes des autres tels les trompe-l'œil, les palimpsestes ou les monochromes. Son affinité pour la peinture l’entraîne en terra incognita, à l’affût de nouvelles possibilités.
Il met la matière à l’épreuve en cherchant ses limites pour en révéler quelques aspects : sa fragilité, sa luminance ou son opacité.
Cette exposition, intitulée STRATIGRAPHIE, présente une série de tableaux interrogeant la technique du palimpseste, un ensemble de peintures poncées afin de révéler les couches de peinture en mémoire sur la toile."

4 rue Rapp, Colmar











2 juillet 2026

Musée Bartholdi
2/7/2026

Vernissage de l'exposition "OBJECTIF LIBERTÉ !"

Des élèves de 3ème du collège Molière de Colmar encadrés par Xavier Gaschy, professeur d'arts plastiques, Vanessa Mos et Vijay Moselle, photographes, présentent une série de photographies, aboutissement de leur travail sur la notion de liberté, à côté de tirages argentiques et daguerréotypes réalisés par le plasticien et photographe Patrick Bailly-Maître-Grand lors de la restauration de la Statue de la Liberté, en 1985.

Cette exposition sera visible jusqu'au 31 décembre 2026 (entrée libre).











Yves Hemedinger
2/7/2026

Indemnités du Maire
 
Je constate qu’un débat a lieu sur Facebook concernant les indemnités du maire.
J’ai pris connaissance de sa défense, mais elle ne reflète pas la réalité. Les faits sont pourtant clairs : depuis 2020, le maire de Colmar a significativement augmenté ses indemnités, à la fois en tant que maire et en tant que président de Colmar Agglomération, avec un niveau de rémunération sans commune mesure avec celui qui existait auparavant.
Bien sûr, il cherche aujourd’hui à justifier cette situation. Mais la vérité est qu’il a fait le choix d’atteindre le plafond maximal, en cumulant ces fonctions avec celle de vice-président de la CEA, ainsi que plusieurs présidences d’organismes également rémunérées.
Personne ne conteste le principe d’indemnités pour les élus : elles sont légitimes. Le vrai sujet, c’est celui de la mesure, de l’exemplarité et du sens des priorités.
Dans une période où le pouvoir d’achat des Français stagne, où les retraités voient leurs pensions évoluer trop faiblement et où de nombreuses familles doivent faire des sacrifices, ces augmentations posent une vraie question politique et morale.
C’est précisément pour cette raison qu’avec mon équipe, nous avions pris un engagement clair : réduire les indemnités des élus. Parce que l’exemplarité ne doit pas être un slogan, mais une ligne de conduite. Quand on demande des efforts à tous (exemple l’augmentation de 30 % du prix de l’eau, comme par hasard juste après les élections), il est indispensable de commencer par soi-même.

1 juillet 2026

Eric Straumann
1/7/2026

Des informations ont été diffusées sur les réseaux sociaux par l’opposition d’extrême droite colmarienne (RN-UDR) concernant une prétendue augmentation de mes indemnités de 348 % au niveau de l’agglomération.

En réalité, cette indemnité de Colmar Agglomération a baissé de 100 %, conformément aux règles légales.

La vérité, c’est que mes indemnités cumulées entre la Ville de Colmar et Colmar Agglomération ont, au total, diminué de 19 %.

Mes fiches d’indemnité peuvent en attester.
Edouard Dabrowski
1/7/2026

"Conversation(s)" est le titre choisi pour la nouvelle exposition temporaire au musée Unterlinden. Pour converser il faut être au moins deux, c'est donc sous forme de binômes que des œuvres médiévales du musée se retrouvent associées à des œuvres modernes et contemporaines, l'originalité de la démarche consistant à trouver des rapports d'analogie tantôt évidents, tantôts plus subtils. Un parcours à la fois ludique et instructif, conçu par Nino Barattini, commissaire de l'exposition (visible jusqu'au 7 décembre 2026).


















30 juin 2026

Une contributrice éprise de culture
28/6/2026

Inspiration d’un dimanche matin pré caniculaire...

Je suis quand même un peu consternée par la pauvreté des comptes rendus de notre adjointe à la culture. Avant, on avait droit à de vrais résumés, on retrouvait l’émotion du spectacle, on avait presque l’impression d’y être. Aujourd’hui, quel que soit le concert ou la pièce, c’est toujours : « C’était magnifique » et parfois : « Courez-y ! »

Si tous les spectacles sont simplement « magnifiques » et qu’il faut toujours « y courir », on finit par ne plus savoir ce qui les rend vraiment exceptionnels. La culture mérite sans doute un vocabulaire un peu plus riche et pour parler de culture on peut espérer un peu de relief.

On regrette les comptes rendus qui racontaient un spectacle au lieu de simplement lui attribuer une mention.

29 juin 2026

Michel Spitz
29/6/2026

MÉMOIRES ENFOUIES / MITSUO SHIRASHI / FINISSAGE

L’espace d’art de la Cave de Ribeauvillé a accueilli « Mémoires Enfouies » de Mitsuo Shiraishi, un artiste au parcours singulier d’une riche sensibilité artistique franco-japonaise. Une œuvre en dialogue intime entre ses racines orientales et son ancrage européen.
Avant l’ouverture au public d’une exposition, dans un musée ou une galerie, un petit nombre de personnes est immanquablement invité au « vernissage ». C’est un rituel très connu et souvent, très couru du monde de l’art. Une sorte d’inauguration privée… Aujourd’hui, en plus de « vernir » une exposition, la nouvelle tendance dans les expositions, on invite aux « dévernissage » ou au « finissage » … qui, comme ces néologismes l’indiquent, interviennent en toute fin d’exposition pour clore les semaines de présentation, parfois même, en musique.
Pour ce « finissage » Mitsuo Shiraishi, n’y a pas dérogé et a invité la célèbre et brillante claveciniste Aline Zylberajch à donner un petit récital. Face au public enchanté, venu très nombreux, elle pose d’emblée le choix du répertoire qu’elle dit être en lien avec l’actualité de la météo caniculaire. Ainsi, elle jouera des pièces de Domenico Scarlatti qui, au-delà de l’évocation de la virtuosité du clavier et de la fantaisie créatrice, témoignent de la nature intemporelle du style, comme chez Bach. Un compositeur d’une personnalité forte, brillante, colorée, extravagante, fruit de la plus complète tradition italienne et du panorama particulier de la cour espagnole au début du XVIIIe siècle qui nous relie au climat et à la chaleur estivale du sud. Ne s’agit-il pas également d’un peintre qui alterne visions, paysages dans une même œuvre ? Il intègre les couleurs andalouses, sous la forme de sonorités abstraites qu’il nous invite à chercher, à imaginer, cachées derrière de courtes cellules répétitives… Il s’efforce de rendre les couleurs avec suffisamment de matière… jusqu’à ce que l’oreille en soit imprégnée.
Et pour conclure, Mitsuo Shiraishi ravi, a remercié l’espace d’art de la Cave de Ribeauvillé pour son accueil, la claveciniste et le public de s’être déplacés en nombre.
[Photos © Michel Spitz]