Traduction

19 juillet 2026

Mathieu Bedez
19/7/2026

Retour en images sur une journée complètement folle au col du Haag !
Placé au sommet du col puis dans les 500 derniers mètres, les Vosges ont offert un décor exceptionnel, pour l’étape Mulhouse - Le Markstein. Une foule immense, des encouragements sans interruption, des drapeaux à perte de vue. Une ambiance tout simplement incroyable !
Et même les vosgiennes semblaient vouloir assister au spectacle !
Côté sportif, Tadej Pogačar s'offre une nouvelle victoire au Markstein. Derrière lui, le jeune Français Paul Seixas impressionne avec une superbe 3ᵉ place. Il grimpe au 4ᵉ rang du classement général et endosse le maillot blanc.
Le Tour de France, c'est du très grand sport… mais aussi une fête populaire unique, où les paysages et les spectateurs font autant le spectacle que les champions.
Photos © Mathieu Bedez






18 juillet 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Georges Kuzmanovic
17/7/2026

Guerre en Ukraine
La paix c'est la guerre... jusqu'au dernier Ukrainien


Sous couvert de paix, Londres, Paris, Berlin et Bruxelles préparent la continuation de la guerre. En refusant de traiter les causes du conflit et en envisageant un déploiement occidental en Ukraine, ils rendent tout cessez-le-feu impossible. Les Ukrainiens en payeront, comme toujours, le prix fort.

Un disque otanien rayé

Depuis des années et particulièrement depuis plusieurs mois, les dirigeants européens et de l'OTAN multiplient les déclarations en faveur de la paix en Ukraine. Pourtant, les projets qu'ils présentent visent exactement l'inverse, non pas les conditions d'une désescalade, mais celles d'une prolongation du conflit pour en faire une nouvelle guerre sans fin.
Les mots ont un sens, et lorsqu'ils cessent de correspondre aux actes, voire y sont diamétralement opposés, ils deviennent instruments de propagande – situation parfaitement décrite par George Orwell dans sa célèbre dystopie 1984.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a ainsi confirmé que vingt pays, puis près d'une trentaine issus de la « coalition des volontaires », étaient prêts à participer à une force militaire destinée à être déployée en Ukraine après un éventuel cessez-le-feu. Londres, Paris, Berlin et Bruxelles travaillent ouvertement à cette architecture, tandis que les livraisons d'armes à Kiev se poursuivraient pendant les négociations et que les sanctions contre Moscou seraient maintenues, voire renforcées.
Un ignorant en stratégie militaire comprendrait dès lors qu'un tel cessez-le-feu aurait d'abord pour objectif de renforcer l'armée ukrainienne – actuellement très en difficulté et reculant sur tout le front – et serait complètement au détriment de la Russie. Ce serait une sorte de Minsk II revisité et dont on connait le résultat.

Quelles sont les chances que le Kremlin accepte un tel accord ? Aucune ! Pas plus cette fois que les autres fois ces deux dernières années.
La solution proposée par l'OTAN et les dirigeants européens ressemble à un vieux disque rayé répétant à l'infini la même chose.

Présentée aux opinions publiques occidentales comme une initiative de paix, cette proposition constitue pourtant, du point de vue russe, la garantie même de la poursuite de la guerre. Et c'est précisément là que réside le cœur du problème, car depuis plus de quinze ans, les dirigeants européens prétendent rechercher la paix (Minsk, Minsk II, négociations diverses, Anchorage...) tout en refusant de prendre en compte la principale cause stratégique du conflit, à savoir l'extension de l'OTAN à l'est.

Une guerre d'extension de l'OTAN

Pour comprendre pourquoi cette proposition est pratiquement vouée à l'échec avant même d'être mise en œuvre, il faut revenir aux causes profondes de cette guerre.
C'est fondamental. Car de la définition des causes de la guerre dépend son issue.

Dans la lecture dominante en Europe occidentale, la Russie aurait envahi l'Ukraine par pur impérialisme territorial et sans aucune provocation. Cette interprétation existe évidemment à Moscou dans certains courants nationalistes ou identitaires, et minoritaires, mais elle ne suffit pas à expliquer la décision stratégique prise en février 2022.
Si tel était le cas, alors la position des Occidentaux serait parfaitement légitime : on ne peut pas laisser s'étendre sans sanctions ou tenter de la bloquer une puissance impériale tentant de s'étendre partout et d'imposer sa volonté par simple désir de maximiser sa puissance.

Évidemment, on note le manque d'à propos des Européens, car s'il y a une puissance hégémonique qui impose ses vues de manière impériale depuis 1991 et d'abord sur le dos des Européens, ce sont bien les États-Unis... Mais la cohérence n'est pas leur fort.

La réalité, depuis les années 1990, et plus encore depuis le sommet de Bucarest de 2008, est que la question centrale est celle de l'élargissement de l'OTAN vers l'Est, et particulièrement de son extension potentielle à l'Ukraine et à la Géorgie qui avait conduit à un conflit similaire au conflit ukrainien dès l'été 2008.

Le refus russe de cette extension n'est ni récent ni ambigu.
Dès le discours de Vladimir Poutine à la conférence sur la sécurité de Munich en février 2007, Moscou dénonçait publiquement l'expansion continue de l'Alliance atlantique comme une menace directe pour sa sécurité nationale et tirait une ligne rouge à ne pas franchir.
Quelques mois plus tard, William Burns, alors ambassadeur des États-Unis à Moscou (puis directeur de la CIA sous Joe Biden), adressait à la secrétaire d'État Condoleezza Rice un câble diplomatique devenu célèbre, révélé par les Wikileaks, sous le titre « Nyet Means Nyet » (« Non signifie Non »). Burns y expliquait que l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN constituait la ligne rouge absolue pour l'ensemble des élites russes et dans toute la classe politique russe, bien au-delà du seul Vladimir Poutine. Il avertissait qu'une telle évolution risquait de provoquer une guerre civile en Ukraine et d'obliger la Russie à intervenir.
Ces avertissements n'étaient pas ceux de propagandistes russes. Ils émanaient du plus haut représentant diplomatique américain à Moscou et analyste consciencieux de la situation.

Angela Merkel elle-même reconnaît dans ses mémoires que la perspective d'une intégration de l'Ukraine à l'OTAN était susceptible de provoquer une guerre avec la Russie. L'ancienne chancelière allemande explique notamment pourquoi elle s'était opposée à une adhésion rapide de Kiev lors du sommet de Bucarest, en accord alors avec Nicolas Sarkozy.

Dès le 15 décembre 2021, soit plus de deux mois avant le déclenchement de la guerre, Vladimir Poutine avait officiellement transmis à Washington un projet de traité sur les garanties de sécurité proposant une négociation globale sur l'architecture de sécurité européenne et exigeant notamment l'arrêt de l'élargissement de l'OTAN à l'Ukraine. Cette initiative, rendue publique deux jours plus tard, fut rejetée sur ses points essentiels.

Les exemples de ce types sont pléthoriques et encore une fois, la guerre de Géorgie de 2008 annonçait clairement ce qu'il allait se passer.
Autrement dit, les principaux dirigeants occidentaux connaissaient parfaitement les conséquences prévisibles de cette trajectoire stratégique.

Même Jens Stoltenberg, alors secrétaire général de l'OTAN, a reconnu que Vladimir Poutine avait demandé, à l'automne 2021, l'arrêt de l'élargissement de l'OTAN comme condition pour ne pas envahir l'Ukraine. L'Alliance a refusé cette demande, et, selon les propres mots de Stoltenberg, « il est donc allé à la guerre pour empêcher davantage d'OTAN à ses frontières ».

« À l'automne 2021, le président Poutine a envoyé un projet de traité que l'OTAN devait signer, promettant qu'il n'y aurait plus d'élargissement de l'OTAN. C'était sa condition pour ne pas envahir l'Ukraine. Bien sûr, nous ne l'avons pas signé. Au contraire, nous avons réaffirmé la politique de la porte ouverte. (...) Il est donc allé à la guerre pour empêcher davantage d'OTAN à ses frontières. » – Jens Stoltenberg, Jens Stoltenberg speaks to the EU Parliament.

On peut également évoquer le mémorandum d'Istanbul.
Quelques jours seulement après le début de la guerre, des négociations directes entre Moscou et Kiev s'ouvrent en Biélorussie puis à Istanbul et aboutissaient quasiment définitivement après quelques semaines à ce qui a été appelé le mémorandum d'Istanbul.
Les projets d'accord alors discutés prévoyaient notamment, et principalement, la neutralité de l'Ukraine, assortie de garanties internationales de sécurité, donc l'abandon de toute perspective d'adhésion à l'OTAN, le règlement définitif de la question de la Crimée comme territoire russe, ainsi qu'une autonomie des territoires du Donbass et de Lougansk... maintenus comme territoire ukrainien. Ces discussions semblaient avoir enregistré des avancées significatives avant d'être interrompues. Pour Moscou, mais aussi selon plusieurs acteurs ayant participé ou assisté au processus, dont l'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett, l'intervention des États-Unis et du Royaume-Uni, symbolisée par la visite de Boris Johnson à Kiev en avril 2022, a joué un rôle déterminant dans l'abandon de cette voie diplomatique et dans la poursuite de la guerre.
L'Occident était alors convaincu que le cortège sans précédent de sanctions économiques allait mettre la Russie à genoux. Il n'en a rien été, or c'était la carte maîtresse occidentale.

Une « paix » qui reprend exactement les causes de la guerre

Or que proposent aujourd'hui Londres, Paris, Berlin, Bruxelles et leurs partenaires ?
Un cessez-le-feu au cours duquel les livraisons d'armes occidentales se poursuivraient, les sanctions contre la Russie resteraient en place et une force militaire composée de pays membres de l'OTAN ou de ses alliés serait déployée en Ukraine. Donc des troupes de l'OTAN, des bases de l'OTAN, des systèmes d'armes à longue portée de l'OTAN en Ukraine...

Autrement dit, ils proposent précisément ce contre quoi la Russie affirme combattre depuis le premier jour. Et c'est de surcroît le projet d'affaiblissement de la Russie clairement écrit par les têtes pensantes néoconservatrices, Zbigniew Brzeziński en particulier dans Le grand échiquier (1997).

On peut discuter la légitimité des exigences russes. On peut condamner l'invasion de l'Ukraine. On peut considérer que Moscou porte une responsabilité majeure dans cette guerre. On peut discuter à bâtons rompus du cadre d'une nouvelle architecture de sécurité, mais une négociation ne consiste pas à ignorer les intérêts de sécurité de son adversaire, en particulier quand cet adversaire dispose de plus de 6000 têtes nucléaires.

La négociation consiste précisément à trouver un équilibre acceptable entre des intérêts contradictoires, comme on avait su le faire lors de la guerre froide.
Or aucune négociation sérieuse n'est possible si l'une des parties exige que l'autre accepte, à l'issue de la guerre, la situation stratégique contre laquelle elle était entrée en guerre pour l'empêcher, sauf à espérer une défaite stratégique totale de l'adversaire. Or, c'est précisément ce que poursuivent les dirigeants otaniens bien que ce soit complètement illusoire. Là encore, le disque est rayé. Londres, Paris, Berlin et Bruxelles, comme l'État profond américain, partagent l'espoir, la croyance en fait, que la Russie va finir par s'effondrer par un renversement de Poutine, ou une révolution populaire, ou encore un épuisement de l'armée, voire par un effondrement économique, sans que rien de cela ne se passe... ni même que le début des conditions soient réunies pour qu'un de ses scénarios aboutisse.

Du point de vue du Kremlin, une force militaire occidentale installée durablement en Ukraine constituerait une présence de fait de l'OTAN, quelle que soit l'appellation choisie.
Il n'existe donc pratiquement aucune probabilité que Moscou accepte un tel dispositif. Chacun le sait parfaitement.

Le prix de l'aveuglement stratégique

Les conséquences sont prévisibles : il n'y aura pas de cessez-le-feu dans ces conditions, pas plus cette fois que lors des précédentes propositions.

Par contre depuis, la Russie a avancé et revendique quatre Oblast, le Donbass, Lougansk, Kherson et Zaporijia et surtout elle lamine l'armée ukrainienne, l'Ukraine et la société ukrainienne.
Les conséquences pour l'Ukraine et les Ukrainiens dont on prétend se préoccuper à l'Ouest sont catastrophiques, au point qu'il sera difficile pour ce pays de se remettre, voire impossible.
Depuis le début du conflit en février 2022, les pertes ukrainiennes ont dépassé le million de morts – c'est sidérant. Des centaines de milliers ont déserté. L'Ukraine s'est vidée de sa population : de 42 millions d'habitants avant le conflit, elle n'en compte plus que 25 millions selon le dernier recensement, en raison des pertes et surtout d'une émigration massives vers l'Europe et la Russie. Par ailleurs, les infrastructures du pays sont massivement détruites.

En face, la Russie a subi quelques dommages sur certaines raffineries – pas de quoi casser son économie (voir l'émission avec Jacques Sapir) – son économie réorientée cers les pays BRICS et décorrélée du cadre financier occidental n'est pas à genoux, loin s'en faut ; sur le front, 770 000 soldats sont massés face à l'armée ukrainienne, elle a l'ascendant en artillerie par 9 contre 1 (l'artillerie est ce qui tue le plus dans cette guerre), l'ascendant en aviation, en munitions, l'ascendant en nombre et en qualité de missiles, l'ascendant maintenant en drones.
Ses pertes sont importantes, mais limitées compte tenu de la nature colossale de ce conflit, soit entre 240 000 et 260 000 morts (chiffres que nous avons plusieurs fois expliqués sur Fréquence Populaire).
Même le général Valeri Zaloujny, ancien commandant en chef de l'armée ukrainienne, estime dans un article récent du Telegraph, « N'imaginez pas que la Russie a perdu la guerre » (c'est un euphémisme) que la Russie a perdu près de 250 000 soldats tués depuis le début de la guerre. Il ajoute, que croire que Moscou est sur le point de s'effondrer serait une « dangereuse erreur d'appréciation ». Autrement dit, malgré des pertes considérables, la Russie démontre qu'elle est prête à poursuivre une guerre d'attrition dont les Européens semblent toujours refuser de mesurer les conséquences stratégiques.

La Russie poursuivra son offensive, et plus les dirigeants européens insisteront sur cette ligne, plus Moscou considérera qu'il lui faut obtenir par les armes ce qu'elle ne peut obtenir par la négociation.
L'évolution du discours russe est d'ailleurs révélatrice.
Il y a peu, Vladimir Poutine qui était tenant d'une ligne cherchant un compromis a basculé. Lors du discours devants les cadets de l'armée, il a déclaré que l'Europe et l'OTAN voulait la guerre et qu'il fallait s'y préparer. Iouri Ouchakov, conseiller spécial de Poutine pour les Affaires étrangères, a déclaré que les négociations et accords d'Anchorage (sommet Trump / Poutine du 15 août 2O25) étaient caduques, quand à Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de Russie, il considère, publiquement, qu'il n'y a plus aucune négociation et que le conflit se règlera sur le champ de bataille.

Alors que les premiers objectifs étaient officiellement centrés sur la neutralité de l'Ukraine, la démilitarisation et la reconnaissance des territoires déjà annexés, plusieurs responsables russes évoquent désormais de manière beaucoup plus ouverte la perspective d'un contrôle durable de l'ensemble de la Novorossia, c'est-à-dire tout l'espace situé à l'est du Dniepr (et donc Kharkov, 2e ville d'Ukraine), plus Odessa, voire davantage (c'est-à-dire Kiev) si les projets occidentaux devaient se poursuivre.
C'est cohérent du point de vue russe : si les pays de l'OTAN veulent l'Ukraine dans l'OTAN, alors il faut faire reculer sa frontière au plus loin et le Dniepr est une ligne de défense et de séparation naturelle, et Odessa prive ce qui reste d'Ukraine d'accès à la mer Noire et l'OTAN d'une ligne maritime de ravitaillement.


Les trois zones hachurées (à l'est du Dniepr, l'Oblast d'Odessa, zone tampon entre l'Oblast d'Odessa et Dnipropetrovsk) correspondent aux objectifs de conquête russe si l'option d'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN est maintenue. Cela pourrait inclure Kiev et également la Transnistrie (bande séparatiste russe à l'est de la Moldavie). Ces visées sont maximalistes mais font écho aux visées maximalistes de l'OTAN. De tels gains territoriaux ne pourraient évidemment être obtenus que par une capitulation sans condition de Kiev.

Autrement dit, plus l'Occident refuse de traiter la question de l'OTAN, plus les objectifs territoriaux russes s'élargissent, condamnant à terme les possibilités d'existence viable d'une Ukraine croupion qui serait potentiellement partagée entre ses voisins.

Les Ukrainiens veulent désormais la paix

Cette stratégie est d'autant plus troublante qu'elle semble désormais en contradiction avec l'évolution de l'opinion ukrainienne elle-même.

Selon Gallup, le soutien à une guerre menée « jusqu'à la victoire » s'est effondré en quelques années. (En 2022, 73 % des Ukrainiens souhaitaient poursuivre les combats jusqu'à la victoire militaire.)
Les enquêtes plus récentes confirment cette tendance : une large majorité des Ukrainiens privilégie désormais une solution négociée plutôt qu'une guerre indéfinie.
Le même sondage en 2026 donne 80 % d'Ukrainiens favorables à une paix ici et maintenant, y compris si celles-ci impliquaient l'acceptation des pertes territoriales déjà subies.

Cette évolution n'a rien de surprenant.
Depuis plus de quatre ans, le pays vit sous mobilisation permanente.
Les vidéos montrant les recrutements forcés dans les rues ukrainiennes se multiplient. Les centres de mobilisation font l'objet de contestations grandissantes. Même dans l'ouest du pays, notamment autour de Lviv, longtemps considéré comme le bastion du nationalisme ukrainien, des manifestations et des actes de résistance contre les méthodes de mobilisation apparaissent désormais – même si la plupart de médias occidentaux détournent pudiquement le regard .

La fatigue humaine est immense. L'économie est exsangue, et en fait est à l'arrêt complet sous perfusion permanente de l'Ouest.
Des millions d'Ukrainiens vivent à l'étranger. Une génération entière est sacrifiée. No futur.

Une guerre qui sert d'autres intérêts

Pourquoi un tel entêtement chez ceux qui sont loin du front et de ces souffrances ?
Pourquoi, dès lors, maintenir une stratégie dont chacun peut constater qu'elle éloigne les perspectives de paix ?

Une première réponse est économique.
La guerre constitue un gigantesque marché pour l'industrie d'armement occidentale, en particulier américaine. Les commandes explosent, les budgets militaires atteignent des niveaux historiques et le complexe militaro-industriel occupe une centralité politique comme jamais auparavant. Ce que craignait le général et Président Eisenhower s'est réalisé : la mainmise de l'appareil militaro-industriel sur les institutions et plus largement la démocratie.

« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. »
Anatole France.

Mais cette explication, bien que réelle, ne suffit probablement pas. Il y a une seconde dimension, plus idéologique.
Depuis trois ans, une partie des élites occidentales caresse l'espoir qu'un retournement stratégique majeur puisse encore intervenir : effondrement économique russe, crise politique interne, rupture du front ou changement de régime à Moscou.
Cet espoir relève de moins en moins de l'analyse stratégique et de plus en plus de la croyance.

Or, pendant que l'on attend ce miracle, les réalités militaires continuent d'évoluer.
Sur plusieurs secteurs du front, les forces ukrainiennes connaissent des difficultés croissantes en effectifs, en réserves et en capacité de rotation.
La forteresse de Kostiantynivka est tombée, ainsi que Krasny Liman, le front connaît des percées russes du côté de Soumy et de Kharkov – alors même que les médias occidentaux depuis presque deux mois affirment le contraire, créant une étrange illusion de victoire ukrainienne. La pression russe s'accroît progressivement sur l'ensemble du front. Le temps joue davantage en faveur de Moscou qu'en faveur de Kiev, et compte tenu des manque de réserve, nécessairement, le front finira par craquer quelque part ou continuera à reculer tout le long vers le Dniepr.

Persister à promettre une victoire devenue de plus en plus improbable revient à prolonger une guerre dont les premiers à payer le prix sont les Ukrainiens eux-mêmes.

Au fond, la contradiction est devenue totale. Les capitales européennes parlent de paix tout en préparant les conditions militaires qui rendent cette paix impossible. Elles refusent toujours d'intégrer dans leur réflexion l'élément stratégique qui a conduit au déclenchement de la guerre, la question de l'OTAN et des garanties de sécurité réclamées par Moscou depuis près de vingt ans.

La paix ne consiste pas à imposer à son adversaire les raisons mêmes qui l'ont conduit à entrer en guerre, elle consiste à construire un compromis suffisamment solide pour que chacun y trouve un intérêt supérieur.
Tant que cette réalité élémentaire continuera d'être ignorée, les conférences diplomatiques, les coalitions de volontaires et les annonces de forces de réassurance ne prépareront pas la paix.

Elles garantissent seulement la poursuite de la guerre.
Jusqu'au dernier Ukrainien...

[Le blog des esprits libres et éclairés, c'est ici ⇨ liberteresistance.fr]
Michel Spitz
17/7/2026

LE TOUR DE FRANCE À L’ASSAUT DES SOMMETS ALSACIENS
 
Après un mémorable passage en 2023 dans le massif des Vosges, le Tour de France va à nouveau gravir samedi quelques pentes alsaciennes, connues des cyclistes locaux, en partant de Mulhouse. Une impressionnante étape de montagne avec, au programme de cette 14e étape, de nombreuses difficultés : plusieurs ascensions majeures : Grand Ballon, Ballon d'Alsace, Hundsruck et col du Haag – au total un dénivelé proche de 3 800 m.
Les cyclistes n’auront parcouru que 25 km quand ils passeront devant le Hartmannswillerkopf, lieu des terribles combats qui opposèrent Français et Allemands durant l’année 1915. Une occasion d’évoquer le Vieil Armand dont le monument national a été inauguré en 1932.
Le mémorial de l’Hartmannswillerkopf est un monument à la fois militaire et patriotique, religieux et funéraire. Dès 1920, un comité se constitue à Mulhouse pour construire sur le champ de bataille du Hartmannswillerkopf, le Monument National de la Grande Guerre en Alsace. Il est conçu par Robert Danis, architecte, avec le concours d’Antoine Bourdelle, sculpteur. Le monument se décline sous la forme de trois éléments implantés sur un même axe : une crypte-ossuaire avec chapelles, une esplanade avec autel de la patrie et un cimetière militaire avec mât aux couleurs françaises. Le comité engage également la construction d’une croix sommitale lumineuse, visible depuis la plaine d’Alsace et au-delà du Rhin. La crypte, dont le plan dessine une croix grecque, est creusée dans le rocher et se glisse sous l’Autel de la Patrie. Le volume ainsi formé, inspiré des temples anciens, s’inscrit dans la géométrie d’un cube parfait. Une voûte, supportée par quatre colonnes cannelées disposées en carré, forme au centre une lanterne, autour de laquelle se déploie un plénum, éclairé de pavés de verre, sertis dans la dalle en béton. Ce dispositif permet d’envelopper l’espace d’une douce lumière naturelle. Sous la crypte, un ossuaire est ménagé pour recueillir les restes des soldats français. L’ossuaire est fermé par un bouclier en bronze, posé à même le sol. Il comporte sur son pourtour, les dates de 1914 et 1918 en chiffres romains, et les vers de l’Hymne de Victor Hugo : « Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie, Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie » (Les Chants du crépuscule, 1835). Sur trois faces de la crypte, des niches, naturellement éclairées par le haut, contiennent les monuments des trois cultes concordataires auxquels ont appartenu les soldats morts pour la Patrie. En face de l’entrée, la chapelle catholique contient une table d’autel derrière laquelle doit s’élever la Vierge à l’offrande de Bourdelle. À gauche, le monument protestant est un tombeau en forme d’autel marqué d’une croix qui se détache d’une plaque portant la Bible ouverte, encadrée par deux pilastres supportant un linteau orné « rappelant l’art de l’époque de la Réforme ». À droite, le monument israélite comprend également un tombeau en forme d’autel, orné de l’étoile à six branches du bouclier de David. Les inscriptions du monument israélite et du monument protestant soulignent la force commune de l’Ancien et du Nouveau Testament. Une frise sculptée en bronze devait courir en haut des murs. Robert Danis avait prévu de confier l’exécution de la frise à Bourdelle, mais le début de la Seconde Guerre mondiale empêche sa réalisation.
L’architecture du monument de l’Hartmannswillerkopf puise aux sources de l’architecture classique française tout en revendiquant sa modernité et sa rationalité. Comme son contemporain, l’architecte Auguste Perret, Robert Danis se passe des ornements superflus. Le monument est entièrement construit en béton. Après décoffrage, les surfaces en béton ne sont couvertes d’aucun parement en pierre et revêtues d’un mortier de finition appelé « granito », finement bouchardé. Les colonnes de la crypte n’ont ni base ni chapiteau. Danis « a su résoudre au mieux les problèmes difficiles de l’adaptation au terrain, de l’éclairage, de la division des plans, et a réussi une œuvre pleine de dignité religieuse, capable d’émouvoir, par la simplicité grandiose de son tracé et de sa décoration, les visiteurs qui feront l’ascension de cette montagne à jamais sacrée. »
Monument National de la Grande Guerre 1924-1932 / Robert Danis architecte / Antoine Bourdelle sculpture / Michel Spitz architectes de la restauration 2014.
Le site est inscrit sur la Liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO avec les sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale depuis septembre 2023.
Sources: LEFORT Nicolas, SPITZ Michel, BOGNER Patrick (photographies)
Hartmannswillerkopf : monument national de la Grande guerre en Alsace, Strasbourg : Éditions du Signe, 2015.

Montée du Petit Ballon 22 juillet 2023
Photo © Michel Spitz









Elisabeth Spitz
18/7/2026

L'Abbaye de Marbach nous offre en ce moment une programmation exceptionnelle

Avec Gregory Ott au piano, Philip Klawitter à la contrebasse et Matthieu Zirn à la batterie, Ways façonne un jazz libre, sensible et profondément singulier.
De la délicatesse, de l’intensité, de l’énergie des paysages sonores où l'émotion guide chaque note.
Sur scène, de l’inattendu, des émotions, des mélodies qui se déploient, des rythmes qui se répondent, et des silences qui respirent..
L’improvisation devient un véritable langage commun.
Fort de quatre albums salués par la critique et lauréat du Prix Radio France au concours international Jazz à Juan les Pins.
Un trio qui affirme une identité musicale rare, et l’on ressent d’emblée une complicité exceptionnelle entre les musiciens.
Leur approche personnelle de l'écriture et de l'improvisation donne naissance à une musique vivante, lumineuse, exigeante avec une force expressive qui nous fait voyager au-delà des sentiers balisés.
De la virtuosité mais aussi l’envie de partager, une expérience musicale unique.
Porté par l'héritage de son mentor Michel Petrucciani, Grégory Ott insuffle à Ways une écriture où la mélodie occupe une place essentielle.
C’est lumineux, avec des envolées lyriques, des rythmes subtils, chaque composition dessine des paysages sensibles où se croisent les influences du jazz contemporain et en même temps une esthétique plus personnelle.
C’est également l’occasion d’admirer le travail de l’artiste Stephane Vetter, astrophotographe alsacien, également connu comme « chercheur d'images ».
Son exposition, « La tête dans les étoiles » rassemble de spectaculaires images du ciel profond et des phénomènes célestes, réalisées grâce à du matériel d'astrophotographie de haute précision : constellations, Voie lactée, aurores boréales, comètes, sprites et autres merveilles du ciel nocturne.
Stephane Vetter est reconnu internationalement pour son travail. Il a notamment obtenu le 1er prix du concours TWAN (The World at Night), un prix au prestigieux Wildlife Photographer of the Year et plusieurs sélections en Astronomy Picture of the Day (APOD) de la NASA.
Son approche est autant artistique que scientifique : il cherche à révéler la beauté du ciel en reliant les paysages terrestres aux constellations et aux phénomènes célestes, offrant des images qui invitent autant à la contemplation qu'à l'émerveillement.

17 juillet 2026

HUMOUR

Cliquer sur l'image ↴
Jean-Marie Balliet







Yves Hemedinger
17/7/2026

Ma réaction au projet du maire concernant la place Jeanne d’Arc

Prenons garde à ne pas continuer à vider le centre-ville aux détriment des locaux et au seul intérêt du tourisme.
Nous proposons un compromis.
Alors certes, il y’a de nombreux parkings disponibles aux alentours, et j’en sais quelque chose.
Mais il faut aussi penser à nos aînés et aux personnes en situation de handicap, pour lesquelles chaque mètre compte. Il est également essentiel de permettre aux habitants d’effectuer un achat rapide ou de venir récupérer une commande en quelques minutes.
N’oublions pas non plus les soignants et les professionnels qui interviennent à domicile, pour qui un accès facilité est indispensable.
Selon moi, la bonne solution est celle du compromis : végétaliser davantage notre centre-ville, sans pour autant en fermer totalement l’accès. La création de places « minute » ainsi que de places réservées aux personnes en situation de handicap permettrait de concilier qualité de vie, accessibilité et dynamisme économique.
Nous devons veiller à préserver l’accès au centre-ville afin de soutenir l’activité de nos commerces, qui souffrent déjà suffisamment.
NB : nous proposions la même politique pour la rue des Têtes, bien triste désormais avec l’annonce d’un nouveau commerce de fromage pour touristes qui va bientôt remplacer un commerce de vêtements.
Photo archives Nicolas Pinot

16 juillet 2026

Michel Spitz

Le Tour de France va gravir samedi quelques pentes du massif des Vosges alsaciennes en partant de Mulhouse dont le Hartmannswillerkopf, le Grand Ballon, le col du Haag pour finir au sommet du Markstein.
Point de vue culminant du massif des Vosges alsaciennes avec ses 1424m, le "Grand Ballon" trône au-dessus de l'Alsace. Il est couronné de la silhouette étrange et éminemment reconnaissable d’un radôme. Le terme « radôme » (contraction de radar et dôme) désigne l'enveloppe sphérique rigide protégeant une antenne radar. Dans le domaine de l'architecture et de l'histoire des formes, son lien est évident avec Claude-Nicolas Ledoux (célèbre architecte utopiste français du XVIIIe siècle) et la fascination pour les formes géométriques pures : la sphère représentant la perfection géométrique et symbolise l'idéal cosmique.
Depuis 1997, ce radar de l'aviation civile conçu par l'architecte Claude Vasconi aide à gérer l'espace aérien. Plus haut sommet du massif vosgien, le Grand Ballon était idéal pour installer ce radar. Comme il se trouve au milieu d'un espace naturel protégé, de nombreuses précautions ont été prises lors de sa construction. L’association « Paysages d’Alsace » demande régulièrement le démontage de cet ouvrage qui, selon elle, est inutile depuis la technologie de guidage satellitaire. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) s’y oppose.
Claude Vasconi, architecte (1940-2009) né à Rosheim, d’un père émigré italien et entrepreneur de bâtiment, a durablement marqué le paysage alsacien de plusieurs édifices. Grand Prix national d'architecture en 1982, il a commencé sa carrière, en collaboration avec Georges Pencreac'h, en édifiant plusieurs établissements publics dans les villes nouvelles, notamment à Cergy-Pontoise, ainsi que le centre commercial du Forum des Halles, achevé en 1979.
Diplômé de l’ENSAIS de Strasbourg en 1964, il a été, à Stuttgart, l'assistant de Rolf Gutbrod et Frei Otto, spécialiste des structures complexes. Il laissera ensuite des œuvres solides, efficaces et entières. Il construira plusieurs bâtiments significatifs en Alsace : la Filature à Mulhouse (1994), l'Hôtel du département (1990) à Strasbourg, le CREDO "Rinaldi-Structal", (1994) à Colmar, le NHC, Nouvel hôpital civil, CHU (2006) à Strasbourg, le Radar du Grand Ballon, (1997) au Grand Ballon et l’ISIS (Institut de Sciences et d'Ingénierie Supramoléculaire), (2002) à Strasbourg.
Photos © Michel Spitz



« Il faut aimer la vie pour planter des arbres. Il en est qui n’aiment que le pognon. Ils plantent donc des horodateurs. »
B. Rodenstein (4/10/2019)


L'abattage d'un arbre apparemment en bonne santé, place Sainte-Catherine à Colmar, a suscité un émoi et soulevé des interrogations, sur les réseaux sociaux, d'autant plus que le sujet est devenu particulièrement sensible par ces temps de canicule.
Deux adjoints municipaux (Christian Meistermann et Frédérique Schwob) sont montés au créneau pour tenter de désamorcer un début de polémique.
L'opposition (Yves Hemedinger, Nathalie Aubert) n'a pas manqué de se manifester alors que du côté des écologistes, c'est silence radio.
Questions et réactions des uns et des autres :

- Pourquoi ?
Quelqu'un pourrait t'il me communiquer la raison de l'abattage d'un arbre place des Catherinettes ce matin ? S.J.

- Plutôt que de multiplier les points de verdure on en supprime... pour quelle raison ? P.M.

- Christian Meistermann :
Nous sommes pleinement conscients de la valeur de notre patrimoine arboré. Mais il faut aussi rappeler une réalité : tous les arbres ont un cycle de vie. Fragilisés par les sécheresses successives, certains représentent aujourd’hui un risque réel pour la sécurité.

- Tous les arbres qui ont été abattus étaient sains.
Arrêtez de trouver des excuses bidon. M.B.

- Tu veux dire que cet arbre sera remplacé par un autre arbre, là de suite ? Si c'est le cas, respect Christian. Y.J.

- Nathalie Aubert :
Doit-on comprendre que l’arbre abattu était malade ou qu’il présentait un danger avéré pour la sécurité ?
Je ne remets absolument pas en cause le principe d’abattre un arbre malade ou fragilisé lorsqu’il existe un risque réel. La sécurité des enfants et du personnel doit naturellement rester prioritaire.
Ma question est donc simple : existe-t-il un plan de surveillance, de renouvellement et d’abattage du patrimoine arboré de la Ville ? Si tel est le cas, ces interventions pourraient être davantage anticipées, notamment en plantant de nouveaux arbres en amont et en installant des dispositifs d’ombrage temporaires, le temps que les jeunes plantations soient capables d’apporter une ombre suffisante.
Je pose une question légitime, que de nombreux Colmariens se posent également, et à laquelle ils aimeraient obtenir une réponse précise.

- Yves Hemedinger :
Tout ça parce qu’en supprimant les places de stationnement rue des Têtes, ils veulent créer des places de stationnement PMR sur cette place, au détriment des arbres, tout en obligeant les personnes en situation de handicap qui souhaitent se rendre en ville à traverser la rue.
J’avais proposé de rétablir des places PMR rue des Têtes, ainsi que des places « minute ».
Selon moi, c’était une bien meilleure option.

- Frédérique Schwob :
La place Sainte-Catherine attenante à la salle des Catherinettes est en cours de réaménagement.
Dans le cadre de ces travaux, les deux arbres existants ont été expertisés : compte tenu de leur mauvais état sanitaire, leur remplacement par des arbres mieux adaptés au réchauffement climatique a été décidé : Celtis australis, Zelkova serrata pour les arbres de haute tige mais aussi arbre de Judée, lilas des Indes et Chitalpa tashkentensis vont être plantés.
À terme : 5 arbres tiges au lieu de 2 mais également 190m2 d’espaces verts avec des plantations basses et 400m2 de pavés naturels qui permettront l’infiltration d’une majeur partie des eaux pluviales.
Et enfin, des bancs ombragés et des arceaux vélos seront installés.

- Actuellement on coupe et on replante des arbres qui ne profitent pas de l'ombre des grands pour pousser. Le temps que les autres grandissent, s'ils prennent, il n'y a plus d'ombre ni de fraîcheur. Cette année, je suis consterné de voir toutes les nouvelles plantations qui meurent. J'ai été très affecté de voir le parc du stade nautique sans nouvelles plantations en prévision de celles qui sont en train de mourir. V.M.

Elisabeth Spitz
15/7/2026

Venez découvrir l’exposition de l’incroyable aquarelliste Martine Laforce à Colmar 5, rue Mangold jusqu’au 10 octobre. Une artiste qui allie la précision du trait à la force expressive du réel.
Un travail d'une grande finesse, qui touche profondément et nous entraîne dans un voyage au cœur des émotions. C’est magnifique.

L'artiste a eu la gentillesse de nous recevoir chez elle et ainsi de nous ouvrir son atelier. Fenêtre ouverte sur son âme, belle rencontre. La discussion commence à bâtons rompus, Martine Laforce la voulait ainsi. À parler avec elle des affres de la création et du difficile statut de l'artiste indépendant, l'on sent la femme sans concessions, qui tout du moins n'a pas voulu en faire. L'artiste est tout empreinte de la douleur de la création, ses propos s'en ressentent. Pourquoi la peinture ? « Peut-être faut-il une certaine dose de folie pour se lancer dans l'aventure, à une époque où l'on a banalisé à outrance cette activité et où l'on souffre d'un contexte catastrophique pour tout ce qui est artistique. Plus sérieusement, il s'agit de la volonté de décrire un ressenti : je n'ai pas le talent de l'écriture, alors, au lieu de vous tricoter tout cela avec des mots, je le fais avec des couleurs. Et puis, on existe davantage quand on crée, non ? » Assurément...


15 juillet 2026

Mathieu Bedez

Rue des Tanneurs, Colmar

Un changement de cadrage, les derniers passants qui se promènent, les maisons à colombages, le Koïfhus au fond, une lumière qui s’adoucit ; il n’en faut parfois pas plus pour révéler une autre atmosphère.

Yves Hemedinger
15/7/2026


Monsieur le Maire, il faut réagir dans le cadre de vos compétences.
Madame la Députée, il faut actionner vos réseaux parisiens si vous en avez comme vous le dites !
Tu te lèves tous les matins pour aller travailler. Tu te prives pour payer ta voiture à crédit ou tu fais tout pour maintenir en état une très vieille voiture, parce que tu n’as pas les moyens d’en acheter une autre… Et au réveil, tu la retrouves incendiée.
Une fois de plus, ce sont les travailleurs, les familles modestes et les habitants des quartiers populaires qui paient le prix de la violence.
On entend beaucoup de discours sur la défense des quartiers populaires. Mais où sont les indignations lorsque les victimes sont des honnêtes gens qui travaillent, respectent les règles et voient leur voiture ou leur logement partir en fumée ?
C’est la raison pour laquelle, avec mon équipe, nous avions proposé un véritable plan d’action pour renforcer la sécurité de notre commune :
• Renforcer la vidéoprotection, avec davantage de caméras mobilisées en priorité pour lutter contre la délinquance, plutôt que pour verbaliser les automobilistes.
• Augmenter les effectifs de la police municipale et obtenir davantage de policiers nationaux. Les moyens actuels du commissariat sont largement insuffisants. Le maire et la députée doivent intervenir auprès du ministère de l’Intérieur pour obtenir les renforts indispensables.
• Développer une politique de prévention plus ambitieuse afin d’agir en amont des passages à l’acte.
• Mettre en place un Conseil des droits et des devoirs des familles pour accompagner les parents confrontés à des difficultés éducatives, rappeler les règles de la République et conditionner certaines aides municipales au respect des devoirs qui les accompagnent.
La première des solidarités, c’est de protéger ceux qui vivent de leur travail. Le premier des droits, c’est celui de pouvoir vivre en sécurité, sans avoir à subir la loi des casseurs et des voyous.
Photo 1 Nicolas Pinot

14 juillet 2026

Myriam MENAGER
13/7/2026

Signalement d'une situation particulièrement préoccupante en centre-ville de Colmar

Je souhaite attirer votre attention sur une situation devenue particulièrement préoccupante dans le secteur de la rue de l'Ours et de la rue d'Alspach, en plein centre-ville de Colmar.

Depuis plusieurs mois, les riverains vivent des nuisances quotidiennes qui portent gravement atteinte à leur sécurité, à leur tranquillité et à leur qualité de vie.

Les habitants constatent des allées et venues permanentes de personnes venant dans un appartement du quartier, avec des comportements laissant supposer des activités liées aux stupéfiants. Ces passages s'accompagnent régulièrement de cris, de musique à très fort volume, de disputes, d'altercations et de nuisances sonores jusque tard dans la nuit.

Cette situation est particulièrement inquiétante en raison de la présence de nombreuses personnes âgées, de familles et d'enfants fréquentant le parc situé à proximité immédiate.
Elle pénalise également le restaurant Le 5S, récemment ouvert, dont la clientèle est confrontée à un climat d'insécurité peu compatible avec l'activité commerciale du centre-ville.

Des faits d'exhibitionnisme sur la voie publique, ainsi que des comportements inadaptés et menaçants envers les riverains, ont également été signalés à plusieurs reprises.

L'appartement concerné présente par ailleurs un état de dégradation et d'insalubrité particulièrement préoccupant, avec des nuisances olfactives, des dégradations matérielles et un défaut manifeste d'entretien.

Il apparaît que l'occupant de ce logement bénéficie d'un accompagnement par l'UDAF du Haut-Rhin dans le cadre d'une mesure de protection.

Selon les informations recueillies, les infirmiers intervenant habituellement à son domicile ne seraient plus en mesure d'accéder au logement pour assurer les soins et traitements nécessaires, ce qui laisse craindre une aggravation de sa situation sanitaire.

Ce logement appartient à Immobilière 3F et la copropriété est administrée par le syndic Synchro Immo Colmar. Ces organismes ont été alertés à plusieurs reprises, tout comme les services de la Police nationale et de la Police municipale. Malgré ces différents signalements, la situation perdure et semble même s'aggraver.

Enfin, un chat vivant dans cet appartement a été pris en charge par la SPA après avoir été victime de maltraitance et de négligence. Fortement amaigri et en mauvais état, il était nourri depuis plusieurs mois par des voisins. Ce fait témoigne de la dégradation générale de la situation.

Les riverains ne souhaitent pas stigmatiser une personne manifestement en grande difficulté. Ils demandent cependant que les services compétents puissent intervenir de manière coordonnée afin de protéger cette personne, de garantir l'accès aux soins, de rétablir la sécurité publique et de permettre aux habitants de retrouver un cadre de vie serein.
Michel Spitz
14/7/2026

PINAKOTHEK DER MODERNE : musée d’art moderne à Munich

Inaugurée en 2002, la "Pinakothek der Moderne" est un musée incontournable pour les amateurs d’art moderne et contemporain. Conçue par l’architecte Stephan Braunfels, cette institution fait partie des plus grands musées d’art en Europe, regroupant quatre collections distinctes sous un même toit : art, design, architecture et œuvres sur papier. La collection d’art moderne de la Pinakothek der Moderne reprend exactement là où se termine la présentation de la collection de la Neue Pinakothek, à savoir avec l’art post 1900. On y expose les chefs-d’œuvre du Modernisme classique avec Beckmann, Kandinsky, Klee, Magritte et Picasso. Quant à ceux de la génération suivante, qu’il s’agisse de Bacon, Baselitz, Beuys, Judd, de Koonig, Polke, Twombly ou Warhol, ils représentent les différentes tendances de l’art au XXe et XXIe siècle.
Le musée a été construit sur le site d’une ancienne caserne détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa conception unique vise à créer un lien entre le plan orthonormé du quartier de Maxvorstadt et le tracé historique du centre-ville. L'architecte Stefan Braunfels considère l'architecture d’abord comme un art urbain, nous invite ici à découvrir des corrélations et de nouvelles perspectives surprenantes. Une façade rectiligne en béton blanc et gris est rythmée par de grandes fenêtres et de hautes colonnes. Le cœur du musée s’organise autour d’une impressionnante rotonde centrale coiffée d’une coupole de verre de 25 mètres de haut, qui relie les quatre coins du bâtiment, chacun dédié à une collection spécifique. L’intérieur, avec ses lignes épurées et ses espaces ouverts, reflète parfaitement la diversité des collections exposées. L’ambiance du musée, à la fois spacieuse et lumineuse, favorise la découverte et la contemplation.
À la suite de la réunification allemande, Stephan Braunfels, architecte munichois renommé, s’est illustré en contribuant fortement au remodelage du centre de Berlin par la construction du quartier gouvernemental qui longe la Spreebogen. Il a notamment réalisé différents bâtiments gouvernementaux : la Marie-Elisabeth-Lüders-Haus (MELH) qui abrite la bibliothèque du parlement et des services spécialisés scientifiques, un mémorial du mur de Berlin et la Paul-Löbe-Haus bâtiment qui relie la Chancellerie à la MELH.
Photos © Michel Spitz












Elisabeth Spitz


Par moment nous oublions
La hauteur vertigineuse des falaises,
Les vagues qui viennent éclabousser les malaises.
Lorsque deux pieds se cassent sur une chaise,
Lorsque les hypothèses sont mises entre parenthèses
Au fond de nous, les éclats les plus fragiles finissent en braise.
Tout tremble, même les silences se taisent.
Alors pour entendre le bruit du cœur
Les étoiles se perdent au milieu de la peur.
Des morceaux de douceur s’échappent et s’affolent
Car l’inachevé est resté enfermé en taule.
Les barreaux ont laissé s’échapper l’injustice
Et la tendresse invisible est coincée au fond des cicatrices.
Alors malgré l’incertitude, ressentir plutôt que démontrer.
Percevoir cette lumière intense du soir
Vaut toutes les couleurs dans le noir.
Photo : Vanessa Mos