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24 septembre 2026

Festival de Musique de Ribeauvillé

Le délicieux ensemble Fair Oriana se produira à Ribeauvillé samedi le 3 octobre à 20h en l'église protestante

Décrit comme « poignant et fascinant », leur programme est à la fois intimiste et théâtral. Il s'inspire du recueil de madrigaux de Thomas Morley de 1601, « Les Triomphes d'Oriana » - derrière Oriane se cache la Reine Elisabeth 1ère.
Fair Oriana explore les facettes publiques et privées d'Élisabeth à travers un récit mêlant chants, mouvements, musique instrumentale et poèmes de la Reine. Elle présente aussi trois nouvelles œuvres commandées à des compositeurs contemporains qui mettent en musique des textes d'Élisabeth : un psaume, une chanson contemporaine pour luth et un chant folklorique.
Par la musique et la parole, Fair Oriana explore les relations complexes d'Élisabeth et dresse le portrait d'une figure emblématique aux multiples facettes.

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Guy Ritzenthaler

Immeuble qui a disparu du paysage colmarien, remplacé depuis par une grande construction toujours en chantier.
Situé avenue de la République, l'arrière se voyait depuis le pont de chemin de fer, à côté des bureaux de la presse locale.

Eric Vial
23/9/2026

« Voter pour les mêmes, c’est produire les mêmes effets ! »
 

Le Sénat, c’est l’assemblée des territoires. À quelques jours des élections sénatoriales, une question essentielle est posée : qui défendra réellement les communes, les intercommunalités, les départements et les régions ?
L’Association des maires de France, que préside David Lisnard, vient une nouvelle fois de tirer la sonnette d’alarme.
Malgré les assurances du gouvernement, les élus locaux craignent de nouvelles ponctions sur leurs budgets, des charges supplémentaires et une nouvelle fragilisation de leur capacité à investir. Ils me l’ont tous dit durant cette campagne.
Car le gouvernement demande notamment aux collectivités de limiter la progression de leurs dépenses de fonctionnement à l’inflation.
Dans le même temps, les élus alsaciens dénoncent le poids croissant des charges qui leur sont imposées, la question des cotisations CNRACL et les incertitudes qui pèsent sur le FCTVA, indispensable au financement de l’investissement local. Or 70 % de l’investissement public civil est porté par les collectivités territoriales.
Donc, une nouvelle fois, le système s’apprête à affaiblir les communes et les territoires : moins d’investissements, moins de services publics de proximité, moins de capacité à entretenir nos écoles, nos équipements, nos routes, nos bâtiments et à préparer l’avenir.
Face à cette situation kafkaïenne, il faut avoir le courage de regarder la réalité en face. Les vieilles recettes politiciennes portées par des caciques omnipotents ne fonctionnent plus. Les petits arrangements entre amis non plus : « Je te soutiens en échange d’un truc pour ma commune. » La France va crever de ces petites combinazione. Car au bout de la chaîne, c’est le citoyen qui trinque. N’entendez-vous pas déjà la colère gronder ?
Le bilan politique des formations au Sénat qui ont longtemps structuré la droite et le centre – notamment Les Républicains, l’UDI et Renaissance – montre leurs difficultés à obtenir de l’État une véritable protection et une véritable autonomie pour les collectivités locales.
À force d’accepter la recentralisation, les normes supplémentaires, les transferts de charges et les restrictions financières, nos collectivités se retrouvent toujours davantage contraintes.
Cette campagne sénatoriale est ubuesque. Certains responsables politiques – jusqu’au plus haut niveau de l’État – n’ont décidément honte de rien.
Les mêmes qui promettent désormais davantage de simplification et de protection des collectivités territoriales sont les mêmes qui ont promu et organisé la congestion de nos institutions depuis 40 ans.
Alors, je pose la question simplement aux grands électeurs qui vont devoir s’exprimer le 27 septembre. Si nous continuons à voter pour ceux qui ont accompagné cette politique, pourquoi les choses changeraient-elles ? Indéniablement, voter pour les mêmes produira les mêmes effets.
Il est temps de changer de méthode. Il faut des élus qui considèrent les collectivités non comme une variable d’ajustement budgétaire, mais comme le cœur de la République au plus près des citoyens. Il y a urgence.
Il faut aussi des élus qui mettent la proposition de loi Alsace au cœur de leurs préoccupations, non pas par circonstance ou électoralisme, mais par conviction. Car davantage de décentralisation, c’est davantage d’économie, de simplification et de démocratie.
Monsieur le président Larcher, c’est bien de nous faire aujourd’hui des promesses, mais où étiez-vous jusqu’à maintenant ? Qu’est-ce qui vous a empêché de mettre cette PPL Alsace au débat au Sénat alors qu’elle avait été approuvée par les députés ?
C’est le sens de notre démarche avec Une nouvelle énergie pour l’Alsace au Sénat, conduite par la sénatrice sortante Laurence Muller-Bronn.
Une équipe qui veut porter une autre conception de l’action publique : plus de liberté pour les territoires, moins de normes, davantage de responsabilités locales et une véritable défense des moyens de nos communes et de nos collectivités.
Mais surtout, une honnêteté. Au moins intellectuelle.
Nous aurions déjà fait un grand pas dans la manière de « faire de la politique » et de conduire nos collectivités territoriales.

23 septembre 2026

Jean Linnhoff
22/9/2026

« Forêt enchantée »

Fresque réalisée sur la façade de l’école élémentaire de Jebsheim. Soit environ 80 m2.






Festival de Musique de Ribeauvillé


Dimanche 27 septembre, le Festival accueillera un duo devenu célèbre pour ses prestations très originales mais qu'il a réussi à populariser : en l'église Saint Grégoire de Ribeauvillé, l'orgue historique à 4 claviers et pédalier résonnera et brillera de tous ses feux dans un programme tout entier tiré des opéras de Rameau.

Yves Rechsteiner a réalisé les incroyables transcriptions, pittoresques, variées et virtuoses, avec son partenaire virtuose des percussions Henry Charles Caget.

Nous avons posé quatre questions à Yves, qui, par ailleurs, est professeur au Conservatoire supérieur de Lyon et aussi le Directeur artistique du Festival Toulouse les Orgues.

Qu’est-ce qui vous motive pour aller au-devant du public d’aujourd’hui ?

Le plaisir de sentir l’énergie musicale qui circule entre nous et le public. Le fait que chacun de nos concerts est perçu comme un moment apportant une touche de surprise et de fraicheur. De surprise, car le mélange entre percussions et orgue reste peu fréquent et ensuite de fraîcheur, car le tonicité rythmique des percussions est très complémentaire du son de l’orgue. Enfin, parce que ce programme n’est pas uniquement une sélection de danses jouées à l’orgue avec l’appui rythmique des percussions, mais un véritable voyage musical dans le monde des opéras de Rameau, où l’on passe par l’essentiel des lieux communs de l'époque: scène de tempête, scène pastorale, etc… où les percussions jouent également un rôle poétique et évocateur: oiseaux, souffle dans ls arbres, vent, etc...

Dans votre pratique, dans l’élaboration de vos projets, quelles sont vos premières préoccupations ?

Quelle histoire allons-nous raconter ? Quelles émotions ou sensations peuvent naître dans l’imagination du public à l’écoute des musiques que nous choisissons.

Quelles intentions sont à l’origine de la conception de votre programme ?

Plutôt que d’intention, j’aime parler de coup de coeur pour des pièces musicales, qui font « tache d’huile ». De Rameau, je suis parti de la Danse des Sauvage et de l’Entrée des Boréades, avant de transcrire plus de 60 pièces du Maître. Lorsque j’ai découvert Frank Zappa, j’ai eu envie de jouer Gspot Tornado, avant là aussi de transcrire une grande variété d’autres pièces du même musicien.

Comment voyez-vous l’évolution récente - voire entrevue dans les temps à venir - de la « musique ancienne ?

Je vois deux directions distinctes: la première qui est de se rapprocher du monde de la musique classique sur tout ce qui touche le « coeur » du répertoire : Bach, Haendel, etc… Des pratiques et des profils de plus en plus partagés entre les deux milieux.
Et d’un autre côté, je pense que la musique ancienne continue de creuser de nouveaux sillons avec des projets nouveaux, originaux, des approches renouvelées des instruments ou des manières de jouer, avec une forte capacité des musiciens à aller chercher de l’inspiration ou des collaborations hors du champ de la musique classique.

22 septembre 2026

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Nicolas Dupont-Aignan
22/9/2026

Retrouvez mon passage dans la grande interview de Sonia Mabrouk sur BFMTV où je suis le seul à défendre la paix en Ukraine.

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Interview
Laurence Muller-Bronn : « Il faut rendre la liberté aux communes, aux familles et aux citoyens »

Dans cet entretien, la sénatrice, conseillère d’Alsace (CeA) et ex-maire de Gerstheim Laurence Muller-Bronn revendique une ligne politique fondée avant tout sur la liberté individuelle, la proximité et la défense des territoires. Élue il y a six ans sur la liste d’André Reichardt, elle se représente aux élections sénatoriales du 28 septembre 2026 avec sa propre liste pour le Bas-Rhin, soutenue par André Reichardt. Laurence Muller Bronn se veut davantage guidée par les dossiers que par les réseaux politiques, entend prolonger au Sénat une démarche construite au contac t du terrain. Son discours mêle ainsi une critique sévère de la centralisation et de l’uniformisation françaises, des prises de position sur les retraites, la santé, l’éducation et les collectivités, et un engagement particulièrement marqué en faveur de l’Alsace, de ses spécificités institutionnelles et de sa langue régionale.

Un Sénat conçu comme contre-pouvoir et chambre des territoires

Laurence Muller-Bronn commence par rappeler sa conception du rôle du Sénat. Celui-ci est « la Chambre des territoires », tandis que les sénateurs sont avant tout des législateurs chargés de contrôler l’action du gouvernement, au même titre que les députés. Elle déplore toutefois le poids pris par les projets de loi gouvernementaux dans le travail parlementaire: environ 90 % de l’agenda du Sénat est consacré aux projets de loi du gouvernement, ne laissant que 10 % aux propositions de loi des parlementaires. Cette situation est révélatrice d’un système politique dans lequel l’exécutif conserve une capacité excessive à déterminer les priorités du travail parlementaire.

Pour Laurence Muller-Bronn, la France est aujourd’hui « bloquée » par un système devenu trop contraignant et marqué par l’entre-soi. Elle fait de la liberté le fil conducteur de son action : liberté des communes, liberté des citoyens, mais aussi liberté pour les familles de s’administrer, de s’éduquer, de se soigner, de se loger, de se déplacer ou encore de s’organiser.

Cette approche dépasse donc le seul libéralisme économique. Laurence Muller-Bronn se définit comme une femme de droite attachée à un « libéralisme » également social et individuel. Elle insiste sur le fait qu’elle ne souhaite pas que les élus se comportent comme des « soldats » ou des fonctionnaires appliquant mécaniquement des consignes. Un élu doit disposer de convictions personnelles et les défendre, y compris lorsqu’elles ne correspondent pas aux positions dominantes de son camp.

Laurence Muller-Bronn (au centre) et ses colistiers pour les élections sénatoriales : de gauche à droite: Yves Sublon, maire d’Eschau ; Murielle Fabre, maire de Lampertheim ; Fabienne Oberlé, conseillère municipale de Kintzheim ; Éric Vial, conseiller municipal de Brumath (en médaillons les suppléants : Christophe Schimpf, maire de Soultz-sous-Forêts ; Catherine Graesbeck-Eichwald, conseillère municipale de Weiterswiller)

C’est pourquoi elle a rejoint avec sa liste Nouvelle Énergie, mouvement libéral fondé par le maire de Cannes (et président de l’Association des maires de France) David Lisnard. Elle espère que ce courant fera entendre une voix différente au Sénat. Elle revendique surtout son profil d’« électron libre » : elle affirme ne pas être une militante politique traditionnelle et explique avoir été sollicitée au fil des années pour son engagement sur des dossiers précis plutôt que pour son appartenance à un réseau.

Une critique de l’emprise croissante de l’État

Cette volonté de « rendre la liberté » structure également ses critiques à l’égard des politiques publiques : l’État intervient de plus en plus dans des domaines qui devraient relever de la responsabilité des familles ou des collectivités.

L’éducation est un de ses domaines privilégiés. Laurence Muller Bronn critique les restrictions apportées à l’instruction à domicile – qui concerne beaucoup d’enfants handicapés difficilement accueillables ailleurs – et dénonce également les contraintes imposées aux écoles hors contrat. La lutte contre certains phénomènes, notamment l’islamisme radical, a conduit à restreindre indistinctement les possibilités offertes aux familles qui choisissent d’autres formes d’éducation.

Elle conteste également les nouvelles contraintes pesant sur l’accueil des très jeunes enfants à l’école maternelle, avec par exemple une sieste obligatoire sur place même si les parents, notamment dans les villages, pourraient les garder à la maison. Transformer des salles communales en espaces de repos et mobiliser des personnels pour surveiller les enfants représente une charge supplémentaire pour les petites communes, qui ne disposent ni des locaux ni des moyens financiers nécessaires. C’est là l’illustration d’un problème plus général : des décisions nationales sont appliquées uniformément à des territoires dont les réalités sont pourtant très différentes.

Laurence Muller Bronn oppose ainsi la logique d’uniformisation à celle de la proximité. Une commune rurale de 2 000 habitants ne peut pas être administrée comme une grande ville. Les besoins d’une petite crèche, d’une école ou d’un établissement pour personnes âgées ne sont pas nécessairement ceux d’une structure située dans une grande agglomération. Elle regrette que l’État fasse de moins en moins confiance aux maires et à leurs équipes alors que ceux-ci sont précisément au contac t des réalités quotidiennes.

Cette critique s’étend aux obligations réglementaires en général. Laurence Muller-Bronn est opposée aux interdictions et aux obligations lorsqu’elles sont appliquées de manière excessive. Selon elle, elles finissent souvent par créer des filières et par profiter à certains acteurs économiques plutôt qu’à l’intérêt général.

Retraites : défendre une approche spécifique pour les femmes

La question des retraites constitue l’un des sujets sur lesquels Laurence Muller Bronn affiche la position la plus personnelle. Elle estime que la carrière professionnelle des femmes ne peut pas être considérée comme identique à celle des hommes.

Son argument repose sur la réalité des parcours féminins : naissance et éducation des enfants, d’où souvent un travail à temps partiel, des interruptions de carrière, parfois l’accompagnement d’un enfant malade ou d’un proche dépendant, la prise en charge des parents âgés en fin de vie. Toutes ces périodes, souligne-t-elle, représentent une contribution importante à la société, permettent à la collectivité d’éviter certaines dépenses, mais ont des conséquences négatives sur les droits à la retraite.

L’allongement uniforme de la durée de cotisation risque donc de pénaliser davantage les femmes. Elle se prononce pour une prise en compte différenciée des carrières féminines pour le calcul des retraites.

Laurence Muller Bronn critique également une réforme des retraites conçue « en silo ». Faire travailler les Français plus longtemps ne résoudrait pas nécessairement les problèmes financiers si, dans le même temps, davantage de personnes âgées de 59 ou 60 ans, usées par leur métier mais pas officiellement invalides, basculent vers d’autres dispositifs sociaux. Elle redoute alors un déplacement de la dépense plutôt qu’une véritable économie.

Elle s’inquiète enfin de l’évolution du cumul emploi-retraite et de la limitation à 7 000 € de revenus annuels pour certaines activités à compter de 2027. Elle considère que cette restriction pourrait pénaliser les travailleurs indépendants et certaines professions libérales qui souhaitent continuer à exercer après leur départ en retraite.

Laurence Muller-Bronn ne rejette pas l’idée d’une réforme des retraites. Elle reconnaît que le système doit évoluer et que les réalités démographiques rendent nécessaire une réflexion sur son financement. Mais les réformes ont été conduites trop rapidement, sans prendre suffisamment en compte la diversité des situations individuelles et professionnelles.

Santé, dépendance et métiers du « prendre soin »

La santé constitue un autre domaine dans lequel son approche de la liberté individuelle se retrouve. La sénatrice rappelle ses différentes interventions parlementaires sur l’accès aux soins, la prévention et la volonté libre et explicite du patient.

Elle appelle à une meilleure reconnaissance des métiers de l’humain, qui sont souvent des métiers en tension et majoritairement féminins. Les infirmières, notamment, représentent à ses yeux une ressource considérable pour lutter contre les déserts médicaux, mais leur travail et leurs déplacements restent insuffisamment valorisés.

Cette réflexion s’étend aux EHPAD. Laurence Muller-Bronn reconnaît l’existence de situations de maltraitance et la nécessité de protéger les personnes âgées vulnérables. Mais elle refuse que quelques scandales conduisent à jeter le discrédit sur l’ensemble des professionnels. Les métiers concernés sont difficiles, insuffisamment valorisés et confrontés à d’importantes difficultés de recrutement.

Elle souligne parallèlement l’importance de l’hospitalisation à domicile et du rôle joué par les proches, là encore souvent des femmes. Son discours rejoint ici sa critique du système des retraites : une partie importante du travail réalisé gratuitement par les familles contribue au fonctionnement de la société sans être véritablement reconnue.

Laurence Muller Bronn défend également une approche plus ouverte de certaines pratiques de santé dites intégratives. Elle a été attaquée sur ce sujet alors que certaines de ces pratiques sont déjà utilisées dans les soins palliatifs, en psychiatrie ou dans l’accompagnement des patients. Notamment l’hypnose, la musicothérapie ou l’acupuncture. Son objectif n’est pas de promouvoir sans discernement ces pratiques, mais de travailler à leur encadrement avec des universitaires.

Une forte dimension alsacienne


Laurence Muller-Bronn revendique avec fierté une présence ancienne et constante sur les dossiers alsaciens. Elle cite notamment son travail sur les langues régionales, la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), les questions transfrontalières et, plus largement, les problématiques propres au territoire.

Elle rappelle avoir travaillé sur ces dossiers depuis son arrivée au Sénat et estime que certains élus ne se préoccupent de l’Alsace que depuis que le sujet est devenu électoralement important.

La question linguistique occupe une place centrale dans son discours. Laurence Muller-Bronn défend à la fois le bilinguisme franco-allemand et la reconnaissance de l’alsacien comme langue régionale à part entière. Elle refuse de présenter ces deux objectifs comme contradictoires. Pour elle, l’allemand et l’alsacien doivent pouvoir coexister dans les politiques linguistiques alsaciennes.

Elle insiste particulièrement sur l’utilité de la langue régionale dans les métiers du soin et du secours. Les personnes âgées peuvent perdre certaines capacités cognitives tout en conservant leur langue première. Dans un EHPAD, un hôpital ou lors de l’intervention de pompiers, la possibilité de communiquer en alsacien peut donc avoir une valeur humaine et pratique considérable.

Il faut développer la formation continue des professionnels et faire reconnaître le diplôme de compétence en langue (DCL) en alsacien. Elle affirme avoir porté ce dossier auprès du ministère de l’Éducation nationale et souhaite que les personnes travaillant dans l’éducation, le soin ou les services de secours puissent faire certifier leurs compétences linguistiques en alsacien.

Elle déplore cependant les blocages administratifs et institutionnels qui ralentissent ce dossier depuis plusieurs années. Le DCL se trouve notamment pris entre différentes compétences institutionnelles, ce qui illustre les limites d’un système où les responsabilités sont trop fragmentées.

Institutionnellement, Laurence Muller Bronn milite pour une collectivité unique d’Alsace hors du Grand Est. Elle se montre en revanche lucide sur les rapports de force au Sénat. Même si les sénateurs alsaciens se mobilisent tous, leur poids numérique restera limité. Elle observe que certains territoires, comme la Corse, obtiennent davantage de résultats en utilisant d’autres relais et d’autres stratégies d’influence.

Une ligne politique : liberté, proximité et engagement territorial

Au fil de l’entretien, un même fil rouge se dégage : Laurence Muller-Bronn entend défendre une conception de la politique fondée sur la liberté de choix et la responsabilité des acteurs locaux. Qu’il s’agisse de la retraite des femmes, de l’éducation, de la santé, des communes, des personnes âgées ou des langues régionales, elle oppose régulièrement les réalités concrètes du terrain aux décisions prises de manière uniforme au niveau national.

Son parcours d’élue locale nourrit cette approche. Elle insiste sur son expérience de maire, de vice-présidente de territoire et de conseillère d’Alsace, estimant que cette connaissance directe des collectivités lui donne une grille de lecture particulière pour son travail parlementaire.

Son positionnement est donc double : profondément territorial lorsqu’elle défend l’Alsace, mais également plus large lorsqu’elle aborde les grands débats nationaux. Elle entend faire de son mandat sénatorial le prolongement de cette expérience locale, tout en assumant une certaine distance avec les appareils et les réseaux politiques.

À l’approche de l’élection, elle ne dissimule pas les difficultés qui l’attendent. Mais elle revendique une candidature fondée sur la continuité de son engagement plutôt que sur une stratégie électorale. Sa promesse aux électeurs tient finalement en une formule qui résume l’ensemble de l’entretien : continuer à porter les dossiers sur lesquels elle estime avoir acquis une légitimité de terrain, et défendre, au Sénat comme en Alsace, une plus grande liberté de décision pour les citoyens et les collectivités.

Propos recueillis et édités par Benoît Kuhn

21 septembre 2026

Michel Spitz

Conformément à nos engagements avec les Amis de la Bibliothèque de Colmar et Le Réseau des Bibliothèques de Colmar, nous vous invitons à une nouvelle date pour la conférence : « André Malraux a-t-il sauvé d’un désastre le centre historique de Colmar ? »

20 septembre 2026



Élections sénatoriales, et alors ?

- 19/9/2026 - Avouons-le tous ensemble, nous n’avons pas l’habitude de suivre de près les élections sénatoriales : pas directement concernés, pas convaincus de l’utilité du Sénat, etc. Cette année, l’espoir d’un examen par le Sénat de la loi Alsace votée par l’Assemblée nationale réveille notre attention. Et du coup, nous avons beaucoup appris des débats organisés avec les candidats à Colmar et Strasbourg : le rôle important du Sénat dans l’élaboration des lois, qui va plus loin qu’un simple vote d’approbation ou de rejet ; les positions des différentes listes sur la loi Alsace et plus largement sur la gouvernance du pays, etc. Nous vous en proposons les comptes rendus dans cette newsletter. Avec un focus particulier sur la sénatrice Laurence Muller-Bronn, candidate à la réélection dans le Bas-Rhin et dont la liste se positionne clairement comme la plus décentralisatrice.

Ces débats ont déjà un avant-goût de présidentielles (la démagogie en moins), et abordent des sujets que nous creuserons ensemble ces prochains mois. En donnant la parole à des « petits » candidats, mais qui ont de « grands » programmes. On peut déjà exclure Edouard Philippe de notre liste : il a déjà déclaré sa flamme pour le Grand Est, la gouvernance actuelle du pays lui va très bien. On a là un Macron-bis qui espère être élu par défaut par peur des extrêmes, comme Emmanuel Macron en 2022.

Enfin, au chapitre des mauvaises nouvelles, le gouvernement vient de faire savoir aux parlementaires alsaciens qu’il ne « soutenait pas » l’examen de la loi Alsace au Sénat. Pas une grosse surprise, plutôt une confirmation, mais cela rend d’autant plus nécessaire des sénateurs et sénatrices alsaciens qui défendent notre région à Paris et ne se résignent pas face au jacobinisme désuet qui règne en maître à Paris.

Benoît Kuhn
Éditeur
Eric Nieder

[POLITIQUE & SUJETS DE SOCIÉTÉ]

Gastel Etzwane
20/9/2026

Le ruissellement à l’envers


On nous a longtemps expliqué que la prospérité finirait par ruisseler du sommet vers la base. Les Français l’attendent encore. En revanche, un autre ruissellement fonctionne à merveille : celui des coûts. Il commence aujourd’hui à la pompe et finira demain dans le caddie.

Le gazole vient de franchir en France un seuil que l’on aurait encore jugé extravagant il y a quelques mois : plus de 2,40 euros le litre en moyenne, nouveau record national. Mais cette moyenne dit encore mal ce que voient certains automobilistes. À Neuilly-sur-Seine, le litre a atteint 2,85 euros. Et à Ostwald, dans l’agglomération strasbourgeoise, une station Shell de la M35 affichait cette semaine le gazole ordinaire autour de 2,89 euros et le diesel premium à 2,999 euros le litre. Les trois euros, naguère chiffre presque inimaginable, sont donc désormais à un millième d’euro de la réalité.

À ce tarif, un plein de 50 litres dépasse 120 euros au prix moyen national et peut approcher 150 euros dans les stations les plus chères. Ce n’est plus une poussée passagère : c’est un changement d’échelle.

Et cette flambée tombe sur un pays qui, depuis des décennies, a méthodiquement réduit sa capacité de raffinage. La France comptait une vingtaine de raffineries dans les années 1970 ; il n’en reste plus que six en métropole. Surtout, notre outil de raffinage produit structurellement trop d’essence et pas assez de gazole. Nous avons donc organisé notre dépendance : une part considérable du diesel consommé en France doit être achetée à l’étranger.

Pendant longtemps, cela ne posait guère de problème. On achetait là où le produit était disponible. Puis est venue la guerre d’Ukraine et, avec elle, le choix européen de rompre progressivement avec les hydrocarbures russes. Les circuits se sont allongés, déplacés, compliqués. Le pétrole russe n’a d’ailleurs pas disparu du marché mondial : il a changé de route. L’Inde en a acheté massivement, l’a raffiné et a revendu des produits pétroliers vers l’Europe. L’Union européenne a fini par fermer à son tour cette voie : depuis le 21 janvier 2026, les produits raffinés dans un pays tiers à partir de brut russe sont interdits à l’importation dans l’Union.

Nous avons donc remplacé un approvisionnement relativement proche par un système plus long, plus complexe et plus vulnérable. Et lorsque plusieurs maillons cassent simultanément, la facture arrive.

C’est exactement ce qui se produit aujourd’hui. L’Ukraine a considérablement intensifié ses attaques contre les raffineries russes : selon l’Agence internationale de l’énergie, une raffinerie russe a été touchée en moyenne tous les trois jours pendant les huit premiers mois de 2026. En juin, le raffinage russe était tombé à son plus bas niveau depuis plus de vingt ans et la production de diesel avait reculé de près de 30 %. Moscou a réagi en limitant ses exportations pour préserver son marché intérieur. Or la disparition de ces volumes intervient au moment même où les exportations de diesel du Moyen-Orient s’effondrent. En août, les exportations combinées de la Russie et du Moyen-Orient étaient inférieures de 75 % à celles d’un an auparavant.

Autrement dit, les deux conflits que l’Europe regarde depuis des années comme des questions de stratégie internationale sont désormais présents dans chaque station-service française. La guerre d’Ukraine a raréfié une première source d’approvisionnement ; la guerre au Moyen-Orient en frappe une seconde. Et la France, qui ne dispose plus de l’appareil industriel lui permettant d’amortir suffisamment le choc, achète son gazole sur un marché mondial brutalement tendu.

2022, la bifurcation oubliée

C’est ici qu’il faut revenir au printemps 2022, parce que l’histoire énergétique actuelle ne commence pas en septembre 2026.

On présente souvent la poursuite de la guerre comme si elle avait été, dès les premières semaines, la seule issue imaginable. Ce n’est pas exact. Des négociations sérieuses ont eu lieu entre Russes et Ukrainiens au printemps 2022, notamment à Istanbul. Neutralité de l’Ukraine, renoncement à l’OTAN, garanties internationales de sécurité : les discussions étaient suffisamment avancées pour qu’un règlement soit alors sérieusement envisagé, même si nul ne peut savoir aujourd’hui si un accord définitif aurait finalement été signé.

C’est à ce moment que Boris Johnson se rend à Kiev et défend une ligne très différente : Poutine n’est pas un interlocuteur auquel on peut faire confiance et la guerre doit se poursuivre. Il serait impossible d’attribuer à Johnson seul l’échec de ces négociations. Mais il serait tout aussi faux de réécrire l’histoire comme si aucune alternative n’avait existé. Une voie diplomatique existait en 2022. Le choix occidental fut de ne pas construire sa politique autour d’elle et de poursuivre le soutien militaire à l’Ukraine. Quatre ans plus tard, les conséquences de cette décision ne se mesurent plus seulement en kilomètres de front, en armes livrées ou en milliards dépensés. Elles entrent désormais dans l’économie quotidienne des Européens.

Et maintenant, la facture

Car le gazole n’est pas un produit comme les autres. Il fait circuler les marchandises. Il fait rouler les camions, travailler les engins, fonctionner une partie de l’agriculture et transporter des millions de tonnes de produits alimentaires. Lorsqu’il augmente de quelques centimes, les entreprises peuvent encore absorber une partie du choc. Lorsqu’il dépasse 2,40 euros, le coût remonte nécessairement toute la chaîne.

Le transporteur répercute sur son client. L’industriel répercute sur le distributeur. Le distributeur négocie quelque temps, puis répercute à son tour. Et le consommateur finit par payer. Mais cette transmission n’est pas instantanée. Elle prend quelques semaines, parfois plusieurs mois, au rythme des contrats de transport, des commandes, des stocks et des renégociations commerciales. Ce que les Français voient aujourd’hui à la pompe n’est donc que le commencement.

Le gazole à plus de 2,40 euros est le premier étage visible du choc. Les suivants apparaîtront progressivement dans les prix des marchandises transportées, des produits agricoles, de l’alimentation et, plus largement, de tous les biens dont la fabrication ou l’acheminement dépend de l’énergie. Les produits lourds, frais ou fréquemment livrés seront particulièrement exposés : eau, lait, fruits, légumes, produits alimentaires courants. Dans quelques semaines, puis dans les mois qui viennent, une partie de la hausse aujourd’hui concentrée sur la pompe se retrouvera sur les étiquettes.

C’est précisément ce qui rend la situation actuelle trompeuse. On pourrait regarder les 2,40 euros du litre comme un problème concernant essentiellement les automobilistes. La véritable facture n’est pourtant pas encore arrivée. Lorsqu’elle aura parcouru toute la chaîne économique, elle concernera aussi celui qui roule peu, celui qui n’a pas de voiture et celui qui pense aujourd’hui pouvoir échapper à la hausse du carburant. Tous paieront, d’une manière ou d’une autre, le renchérissement du transport et de l’énergie.

C’est ici que la comparaison européenne devient particulièrement éclairante. L’Allemagne et l’Espagne ont choisi d’intervenir directement sur le prix payé par l’ensemble des automobilistes, plutôt que de réserver l’essentiel de l’effort à certaines catégories. En Allemagne, le gouvernement a décidé une baisse temporaire de la fiscalité représentant 17 centimes par litre, essence comme gazole, du 1er octobre à la fin de l’année, au bénéfice des particuliers comme des entreprises. En Espagne, le gouvernement a également choisi une réduction générale de la fiscalité sur l’essence et le gazole, avec un dispositif modulé en fonction de l’évolution des prix, tandis que les professionnels bénéficient d’aides complémentaires.

La France a fait un autre choix. Pas de ristourne générale à la pompe, mais une multiplication d’aides ciblées. Les travailleurs modestes considérés comme « grands rouleurs » peuvent recevoir 100 euros sous conditions de revenus et de kilométrage ; près de trois millions de personnes sont potentiellement concernées. Les aides destinées à plusieurs secteurs professionnels particulièrement exposés ont également été prolongées.

La différence est très concrète. En Allemagne et en Espagne, l’automobiliste voit la décision publique sur le prix du litre qu’il achète. En France, celui qui n’entre dans aucune des catégories aidées continue simplement de regarder défiler les chiffres sur la pompe : plus de 2,40 euros le litre en moyenne, et jusqu’aux portes des 3 euros dans certaines stations.

C’est une manière de traiter certaines conséquences sans toucher, pour l’ensemble de la population, au prix qui les produit. Et cette différence de choix politique devient d’autant plus sensible que le carburant irrigue toute l’économie.

Voilà finalement le seul ruissellement dont on puisse constater quotidiennement l’efficacité. Ce n’est pas celui de la richesse promise, descendant des plus prospères vers ceux qui le sont moins. C’est celui de la facture. Elle part des choix énergétiques, industriels, diplomatiques et militaires effectués depuis plusieurs années, traverse les marchés pétroliers, les raffineries, les transporteurs et les distributeurs, avant d’achever sa course là où toutes les factures finissent par arriver : dans le portefeuille des Français.

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Nathalie Aubert
19/9/2026

DES PANNEAUX, C'EST BIEN. UNE PRÉSENCE SUR LE TERRAIN, C'EST MIEUX !

Dans plusieurs rues de Colmar, je constate moi-même très régulièrement des comportements dangereux : vitesse excessive de certains scooters, vélos ou trottinettes, slaloms entre les passants et absence de considération pour les zones piétonnes.
Ces comportements mettent directement les piétons en danger.
J'ai adressé hier un courrier au maire et à l'adjoint chargé de la sécurité.
Il ne s’agit pas de mettre en cause les policiers municipaux, qui exercent une mission difficile.
Mais la signalisation, aussi nécessaire soit-elle, ne peut être efficace sans une présence régulière sur le terrain, des contrôles et une véritable prévention.
C’est précisément ce que nous avons défendu lors des élections municipales : renforcer les effectifs de la police municipale et développer une véritable police de proximité, présente dans nos rues et nos quartiers.
Une police visible, accessible et au contact des habitants permet de prévenir les comportements dangereux et de faire respecter les règles avant qu’un accident ne survienne.
La sécurité des piétons ne se décrète pas derrière un panneau : elle se garantit chaque jour sur le terrain !
Edouard Dabrowski

Patrimoine colmarien

André Malraux a-t-il sauvé d'un désastre le centre historique de Colmar ?

Une conférence à l'initiative de l'association des Amis de la Bibliothèque, donnée par Michel Spitz, architecte urbaniste et adjoint au maire de Colmar, chargé du patrimoine, a attiré un public nombreux au Pôle Média Culture de Colmar.







19 septembre 2026

Michel Spitz
19/9/2026

André Malraux a-t-il sauvé d'un désastre le centre historique de Colmar? C'est aujourd'hui à 14h30, au Pôle Média Culture, 1 place de la Montagne Verte.

À Colmar, le « Plan Permanent de Sauvegarde et de Mise en Valeur », issu de la Loi Malraux, est créé par arrêté interministériel du 7 janvier 1966. Il est établi par Bertrand Monnet, architecte en chef des Monuments Historiques dès 1968. Ce plan viendra progressivement se substituer au « Plan de la rénovation urbaine des ilots défectueux de Colmar » confié en 1958 à Gustave Stoskopf, architecte Prix de Rome, inspiré des doctrines hygiénistes héritées du XIXe siècle en proposant la tabula rasa des îlots jugés « insalubres » puis « défectueux » et, remplacés par des barres. C’est ainsi que naquit l’opération de « Restauration Immobilière du Quartier des Tanneurs », sauvée par la Loi du 4 août 1962. Cette loi marque un tournant dans la protection du patrimoine architectural urbain qui passe de la protection des monuments à la protection des ensembles urbains.