19/8/2026
Liaison ferroviaire Colmar-Fribourg : la suspension des discussions doit être un signal pour lever les blocages et étudier enfin les alternatives
L'annonce unilatérale de la suspension des discussions par le ministère des Transports du Bade-Wurtemberg ne signe pas la fin du projet. Elle traduit avant tout l'impatience légitime de nos partenaires allemands face au manque de visibilité et d’élan du côté français.
Alors qu'aucun arbitrage définitif n'avait été entériné lors du dernier comité de pilotage début juillet à Freiburg – au cours duquel le Land du Bade-Wurtemberg avait réaffirmé sa disposition à financer la partie allemande, la situation semble aujourd'hui au point mort. Si les collectivités locales françaises disposent d'une situation financière suffisamment saine pour soutenir cette liaison essentielle, l'engagement de l'État français et l'approche retenue par SNCF Réseau continuent d'interroger.
En fondant les analyses uniquement sur un schéma ferroviaire lourd, on aboutit à des chiffrages financiers dissuasifs, grosso modo entre 500 et 800 millions d’euros. Privilégier le statu quo et le report sur le réseau routier serait pourtant un signal très négatif pour la transition écologique et pour la fluidification de la circulation à l'est de Colmar.
Plutôt que d'abandonner une ambition inscrite au Traité d'Aix-la-Chapelle et réaffirmée lors de la fermeture de la centrale de Fessenheim, il est indispensable d'explorer dès à présent des modalités d'exploitation plus souples, adaptées et économiquement soutenables, comme le modèle « tram-train », une alternative que je défends depuis longtemps, avec des normes d'exploitation beaucoup moins lourdes et nettement moins coûteuses que le ferroviaire traditionnel. Cette option pourrait reposer sur un rachat de la ligne par la Région Grand Est afin de maîtriser les coûts et le calendrier d'ingénierie, et même permettre de faire circuler le train sur l’actuel pont routier, comme un tramway, sans gêne majeure pour la circulation automobile.
L'option du train léger à batterie, portée par l'association TransRhinRail est également très prometteuse, avec l’idée d’amorcer la réouverture de manière progressive en exploitant la section déjà existante entre Colmar et Volgelsheim au moyen de rames légères à batterie, avant d'envisager une montée en charge ultérieure.
Projet historique porté à l'origine par la société civile et soutenu par les acteurs du territoire, la ligne Colmar-Fribourg demeure une réponse d'avenir pour le bassin de vie transfrontalier.
Je formule le vœu que l'État, la Région Grand Est et SNCF Réseau puissent rapidement renouer un dialogue constructif avec le Bade-Wurtemberg et à mettre à l'étude ces alternatives pragmatiques pour redonner au projet toute sa faisabilité.
Nous, les élus locaux, restons pour la plupart d’entre nous présents et motivés ! (même si certains, qui ont tout fait pour torpiller le projet quand ils étaient aux affaires, ne nous facilitent pas la tâche en faisant passer leurs intérêts politiciens avant celui du territoire...)



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